Vendre sa confiture maison : ce que l’étiquette doit dire

Vendre sa confiture maison : ce que l'étiquette doit dire

Sur un marché de producteurs, un pot de confiture d’abricot vendu avec une étiquette incomplète passe souvent inaperçu, jusqu’au jour où un agent de la direction départementale de la protection des populations s’arrête au stand. Car un pot fermé à l’avance puis proposé à la vente est une denrée préemballée : il obéit aux mêmes règles d’étiquetage que les produits d’un supermarché. La confiture y ajoute quelques exigences propres, que beaucoup de producteurs débutants ignorent.

Le mot « confiture » ne s’emploie pas librement

Les confitures relèvent d’une réglementation européenne particulière, reprise en droit français, qui réserve certaines dénominations à des recettes précises. Pour la plupart des fruits, une « confiture » doit être préparée avec au moins 350 grammes de fruits pour 1 000 grammes de produit fini, et une « confiture extra » avec au moins 450 grammes. Quelques fruits, comme la groseille ou le coing, bénéficient de seuils plus bas. Le terme « marmelade », lui, est réservé aux préparations d’agrumes : une « marmelade de fraises » ne peut pas porter ce nom.

Ces dénominations commandent tout le reste. Un producteur qui met moins de fruits que le seuil doit choisir une dénomination qui ne revendique pas le nom de confiture. Mieux vaut le savoir avant d’imprimer cinq cents étiquettes.

Les deux chiffres qu’on doit trouver sur le pot

La réglementation impose deux mentions propres aux confitures, en plus des informations communes à tous les aliments : « préparé avec X g de fruits pour 100 g » et « teneur totale en sucres : X g pour 100 g ». La première se calcule à partir de la recette. La seconde correspond à la valeur mesurée au réfractomètre sur le produit fini, à 20 °C, ce qui suppose de s’équiper ou de faire analyser chaque recette.

Ces chiffres servent aussi la vente. Un acheteur qui hésite entre deux confitures de fraises peut comparer la proportion de fruits, et un producteur généreux a tout intérêt à l’écrire lisiblement plutôt qu’en tout petit au dos.

Attention toutefois aux recettes qui changent d’une saison à l’autre. Un abricot plus sucré, une cuisson un peu plus longue, et la teneur en sucres mesurée n’est plus celle de l’étiquette. Les producteurs qui travaillent par petites fournées ont intérêt à mesurer chaque fournée et à prévoir une zone de l’étiquette où le chiffre peut changer, plutôt qu’à figer une valeur unique pour toute l’année.

Le reste de l’étiquette, comme pour tout aliment préemballé

Viennent ensuite les mentions générales du règlement européen sur l’information des consommateurs :

  • la dénomination et la liste des ingrédients par ordre décroissant de poids, avec les allergènes mis en évidence (une confiture figue-noix contient un fruit à coque) ;
  • la quantité nette en grammes et la date de durabilité minimale, introduite par « à consommer de préférence avant » ;
  • le nom et l’adresse du producteur, ainsi que le numéro de lot, dont on peut se passer si la date indique au moins le jour et le mois ;
  • les conditions de conservation après ouverture, typiquement « à conserver au réfrigérateur après ouverture ».

Les producteurs qui fournissent directement de petites quantités de produits artisanaux au consommateur, ou à des commerces locaux qui les revendent directement, peuvent être dispensés de la déclaration nutritionnelle. La notion de petites quantités s’apprécie au cas par cas, et la DDPP de votre département reste l’interlocuteur à consulter avant d’imprimer. Toutes ces mentions doivent en outre respecter une hauteur minimale de caractères de 1,2 mm, ce qui pèse lourd dans la mise en page d’un petit pot.

Un mot pour ceux qui vendent aussi en ligne. Les informations obligatoires, à l’exception de la date de durabilité minimale, doivent être accessibles avant l’achat, sur la fiche du produit. Une photo floue de l’étiquette ne suffit pas : recopiez la liste des ingrédients, les allergènes et les deux chiffres propres à la confiture dans le texte de la page.

Un pot qui passe du placard au réfrigérateur

Reste le support, trop souvent choisi sur le seul critère du joli. Un pot entamé vit au réfrigérateur, ressort couvert de buée, se pose sur une table à côté d’un couteau collant. Un papier non protégé gondole et se tache vite, quand un support synthétique ou un papier pelliculé tient mieux dans la durée. Pour les producteurs qui reprennent leurs pots vides, la question se pose à l’envers : l’étiquette doit partir facilement au lavage. Sur https://www.saintevictoirepackaging.fr/, la page consacrée à l’épicerie fine liste par exemple un papier couché à colle hydrosoluble, présenté comme se décollant à l’eau savonneuse, à côté de polypropylènes décrits comme résistants à l’humidité.

Avant de lancer un tirage, collez une étiquette d’essai sur un pot rempli, laissez-le une semaine au réfrigérateur en le sortant chaque matin pour le petit-déjeuner, et regardez ce qu’il en reste. C’est le moyen le plus sûr de savoir si votre étiquette vieillira aussi bien que votre confiture.